Appareils distillatoires les plus simples

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Appareils distillatoires les plus simples

La figure 107 représente un appareil construit de la manière la plus simple, qui ne se compose que d'une chaudière, d'un chapiteau et d'un réfrigérant.

On rencontre encore fréquemment de semblables appareils dans les contrées où l'on prépare dans de petites distilleries, non pas de l'alcool, mais de l'eau-de-vie. Avec ces appareils, on fait deux distillations : la première donne un flegme, c'est-à-dire un distillatum peu riche en alcool ; dans la seconde, qui est une rectification, on recueille à part les produits de tête, les produits moyens et les produits de queue.

Nous nous contenterons de donner sur le maniement de cet appareil simple les quelques indications suivantes :

La chaudière doit être nettoyée avec soin ; les taches noires qui peuvent se trouver sur son fond doivent être enlevées par frottement avec du sable, parce que c'est dans ces points, où des particules de moût ont déjà adhéré, que ce dernier brûle le plus rapidement.

Si l'on a préparé un moût très concentré, il est nécessaire d'étendre un peu ce dernier avec des produits de queue provenant de distillations antérieures, bien qu'alors la chaudière doive être remplie un peu. plus que cela ne devrait être. C'est à peine s'il est nécessaire de faire remarquer que le moût, avant d'être versé dans la chaudière doit être bien brassé dans la cuve. où il se trouve, afin de disséminer uniformément les particules lourdes dans les différentes charges ; cette précaution est indispensable, si l'on veut éviter de brûler le moût.

Au début, la chaudière doit être chauffée vivement, afin que l'échauffement soit rapide. Si un bon appareil agitateur fait défaut, la chaudière ne doit pas être fermée rapidement avec le chapiteau, parce qu'il est nécessaire de brasser la masse avec soin jusqu'à ce que, à la manière dont le moût se comporte dans la chaudière, on s'aperçoive que l'ébullition va commencer. On reconnaît qu'on est arrivé à ce point, lorsqu'on voit se mouvoir les drèches contenues dans le moût (si ce dernier a été préparé avec des matières amylacées), lorsqu'on perçoit un léger bruissement sur le bord du liquide, ou bien lorsqu'il se dégage une odeur alcoolique. Le chapiteau doit maintenant être rapidement mis en place et ses joints recouverts d'argile grasse ou de pâte de farine, mais le feu doit être modéré jusqu'au commencement de la distillation, parce,qu'au début le moût déborde très facilement.

Lorsque l'alcool commence à couler, on augmente le feu. Si le fond de la chaudière offre une épaisseur suffisante, on courra moins de risque avec un feu vif soutenu de brûler le moût, tandis qu'avec un chauffage irrégulier le moût cesse de bouillir à certains moments et alors les particules qu'il tenait en suspension tombent sur le fond de la chaudière, et le danger de brûler le moût est ainsi considérablement accru.

On recueille à part, suivant leur force, les produits de la distillation ; lors de la distillation suivante, on ajoute le dernier quart du distillatum dans la chaudière afin de diluer le moût. On a déjà dit précédemment que cette dilution était nécessaire avec le chauffage direct et des moûts épais.

Le travail avec ces appareils très simples, comme celui qui vient d'être décrit, conduisit bientôt à l'adaptation d'un réchauffeur, (chauffe-vin, chauffe-moût), dispositif à l'aide duquel on réalise une économie de temps, de combustible et d'eau de réfrigération. On fait passer les vapeurs se dégageant de la chaudière, non pas directement dans le serpentin du réfrigérant, mais on leur fait d'abord traverser un serpentin plus petit, placé dans un vase contenant le moût destiné à la distillation suivante. La figure 108 représente un appareil muni d'un réchauffeur. Les vapeurs qui se dégagent de la chaudière pénètrent par a dans le serpentin du réchauffeur, où elles cèdent une partie de leur chaleur au moût et le réchauffent. L'appareil est muni d'un agitateur pour le cas où l'on distille des moûts épais. Ce qui est condensé dans le serpentin du réchauffeur passe avec le reste des vapeurs dans le serpentin du réfrigérant, où s'achèvent le refroidissement et la condensation. Lorsque le contenu d'une chaudière est distillé, la vinasse est évacuée de celle-ci par le tuyau d, puis la chaudière est remplie à nouveau par le tuyau b avec le moût du réchauffeur qui est rechargé par c avec du moût froid fermenté. On voit qu'ici le moût contenu dans le réchauffeur remplace une partie de l'eau de réfrigération ou, si l'on veut, qu'il y a deux réfrigérants, dont l'un est rempli de moût et l'autre d'eau.